vendredi 15 janvier 2010

Opus 4 : Etat de grace


En Nouvelle-Zélande, les toilettes c'est sacré.

Ce post risque de vous suprendre par sa taille (seulement 2 toilettes référencées) et par sa portée métaphysique : à l'instar de Thierry Roland un soir de juillet 98, je crois qu'après avoir lu ce post, on peut mourir tranquille... Après 4 mois de périgrinations, d'efforts, de joie et de frustration, elles sont venues à moi. Comme en amour c'est quand on ne cherche plus, qu'on trouve.


Intégration paysagère réussie au bord du lac Wanaka dans l'ile du sud, une cheminée d'aération, on est en présence d'une Rolls, ca ne s'invente pas.

L'intérieur ne ment pas, on pénètre dans un véritable vaisseau spatial, "ces toilettes sont d'ailleurs, aucune technologie humaine ne permet d'atteindre un tel résultat", méditais-je, incrédule.

Quelques jours plus tard par un après-midi de décembre sur un rond-point de la commune de Matakana dans l'île du nord, le destin frappait à ma porte. Nous sommes en train d'acheter une glace en centre-ville, quand B., pris d'une soudaine envie, demande le chemin des "toilets" (dans le texte) à la serveuse. Celle-ci lui indique alors un monument étrange jouxtant le rond-point du centre-ville, comme une évidence... B., désarconné, réitère sa demande employant son meilleur accent, réponse identique, les toilettes seraient donc à l'intérieur de cet édifice symbôle de la ville, est-ce possible ? La suite se raconte en image...


Voici l'édifice en question : deux gémeaux face à face gardiens de leur chapelle ? Que dissimulent leurs cous hypertrophiés ? "Tremendus et fascinans", happés par le chant des sirènes nous avancons dans le doute. Pas un panneau, pas une inscription, pas le moindre signe n'indique pourtant la fonction supposée de cet édifice...

Une porte type chapelle et coque de voilier nous inspire l'humilité, trois petits signes universels (hommes, femmes, handicapés) à droite de l'entrée nous guident...

"Fiat lux !"... Pur instant de grâce, le Lonely toiletteur au terme de sa quête en génuflexion devant le trône. Le doute n'est plus permis, la foi m'innonde, le rond-point de Matakana est cette terre promise qui donne sens à mon long voyage. Nous voici bel et bien au coeur du temple du Lonely Toilet. Frémissement religieux et recueillement.

Cependant des questions demeurent : Qui sont ces gémeaux à l'entrée ? Quel artiste, que dis-je, quel génie a bien pu donner vie à ce lieu de culte ? Qui donc est cet homme en charge de fermer l'accès au temple tous les soirs à 19h ? Pourquoi aucun signe en indique le chemin, la foi est aveugle ? Et enfin pourquoi la municipalité de cette commune de 5000 habitants a-t-elle dédié son Monument et son budget annuel au Dieu des latrines ?...

Malheureusement ces mystères subsistent malgré mes recherches, le rationnel s'arrête où commence la foi. Matakana emporte ses secrets dans le syphon de sa cuvette sacrée où, saut de l'ange, je plonge les yeux fermés.


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